La France: une mauvaise élève
Selon l'ORSE (Observatoire sur la Responsabilité Sociétale en Entreprise), dans le cadre des entreprises du CAC40 il n'y a que 9 % de femmes au sein des conseils d'administration (chiffres 2009). Avec le même score que la Turquie, la France se place ainsi dans le bas du tableau de la représentation des femmes au sein des conseils d'administration des plus grandes entreprises européennes côtées publiquement (cliquez sur l'image pour plus de lisibilité) :
Les pays scandinaves sont clairement avant-gardistes quand on regarde les scores des autres pays. Est-ce dû au fait qu'ils furent les premiers à octroyer le droit de vote aux femmes ? Sans nul doute, mais les lois ne suffisent pas pour autant.
Des lois nombreuses et insuffisantes pour faire changer les choses
Nous avons qu'il existe des lois qui favorisent (normalement) l'égalité professionnelle. Mais malgré 6 lois votées entre entre 1972 et 2008, et un accord national interprofessionnel, conclu le 1er mars 2004, les inégalités perdurent. On comprend donc pourquoi le gouvernement a fait voter une nouvelle loi parue au JO le 28 janvier 2011. Cette loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle (loi n°2011-103) veut sanctionner les entreprises coupables de non mixité au sein de ses CA.
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La loi en bref:
"Ce texte prévoit l’instauration progressive de quotas pour aller vers la féminisation des instances dirigeantes des grandes entreprises.
Sont concernés les conseils d’administration et les conseils de surveillance (pas les comités exécutifs) des entreprises cotées en bourse et des entreprises publiques.
Deux paliers sont prévus :
- trois ans après la promulgation de la loi, les instances concernées devront au moins compter 20% de femmes. Les conseils d’administration ne comprenant aucune femme au moment de la promulgation de la loi devront en nommer une dans les six mois suivants.
- six ans après la promulgation de la loi, le taux de féminisation des instances dirigeantes devra atteindre 40% (et non 50%).
Le non respect de ces quotas entraînera la nullité des nominations (sauf celles des femmes). Un amendement voté à l’Assemblée nationale, qui prévoyait également la nullité des délibérations dans les cas de non respect des quotas, a été supprimé au Sénat.
Un mécanisme de sanctions financières a également été prévu, avec notamment la possibilité d’une suspension temporaire des "jetons de présence" (rémunérations pour participation aux conseils d’administration)."
Cela va-t-il être efficace ?
Notez que le Conseil d'Administration peut continuer à délibérer en tout quiétude (modification demandée par le Sénat) même s'il est composé de membres nommés "illégalement", ce qui ne change pas grand chose. Toutefois, en sachant que les jetons de présence montent parfois jusqu'à 400 000 € comme Florence Woerth chez Hermes, on peut se dire que les dirigeants vont vouloir accueillir plus de femmes autour de la table ovale. Mais il y a un hic ! :
- Ces sanctions ne s'établiront qu'à partir de janvier 2017 pour les réfractaires à la mixité
- Et elles ne concernent que les grosses entreprises côtés en bourse (+500 personnes et + 50 millions de CA) soit 169 femmes
Sur 14 836 000 femmes actives cela fait peu, trop peu !
Les CA et les CS des autres entreprises devant délibérer annuellement sur l'égalité professionnelle homme/femme par rapport à des lois déja promulgées auparavant.
Dépasser les obligations légales
Nous savons par expérience qu'il y a la loi et la réalité du monde du travail. Or la loi est régulièrement baffouée ou ignorée quand elle va à l'encontre des intérêts de la direction (qui n'est pas toujours très avertie à ce sujet). Malgré les nombreux arguments moraux, philosophiques et politiques qui ont fleuris ces dernières années autour de ce débat, la loi semble être la seule réponse pragmatique à son application quotidienne.
Il existe pourtant un autre argument qui montre l'intérêt économique de la parité :
Schruijer et Mostert (1997) ont proposé à des femmes et des hommes de participer à un exercice de créativité par groupe de quatre personnes. Trois types de groupe étaient créés: uniquement des hommes, uniquement des femmes, deux hommes avec deux femmes. La durée de l'exercice était de 30 minutes. On notait ensuite le nombre d'idées formulées par les groupes.
Il apparait clairement que les groupes femmes et hommes ont le même niveau de créativité. Le fait que les groupes mixtes soient nettement plus créatifs que les deux premiers révèle que la mixité produit de l'innovation et non un simple mélange des idées masculines et féminines.(Source: Dagot Lionel, 100 petites expériences de psychologie en entreprise, Edition Dunod)
Conclusion
Les groupes mixtes ont une supériorité créative indéniable et c'est une preuve de plus que les actions en faveur de la mixité sont plus qu'indispensables. La diversité, favorisant le conflit d'idées, favorise l'innovation. Peut-être que pour sortir du marasme économique, il nous faudrait plus de femmes au sein des Conseils d'Administration ? Encore faut-il que le top management français accepte de mettre aux oubliettes ses idées phallocratiques...

C'est très intéressant comme idée.
Rédigé par : autocollants | 16/09/2012 à 17:23
Les lois ne suffisent pas pour changer des habitudes et des cliches qui sont ancres dans la societe depuis des siecles. Afin qu'il y ait plus de femmes a des postes de direction il faut tout d'abord changer les mentalites et pour cela l'education est necessaire.
Rédigé par : trading d'options binaires | 26/06/2012 à 17:50